Logement : dans les Landes, la chaîne de l’habitat est grippée, il faut graisser chaque maillon

Sous le titre « Le logement en questions », Sud Ouest publie ce 7 novembre un article consacré au sud des Landes, où l'on diagnostique une chaîne de l'habitat entièrement grippée. Le constat, venu d'un territoire de province, concerne la France entière : sans logements accessibles, les salariés ne s'installent pas, les entreprises ne recrutent pas et les familles ne se stabilisent pas.

Par · Chronique ·
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Photo : 2211438 / Pixabay

Le propos tient en une phrase, reprise par Sud Ouest dans son édition du 7 novembre : c’est l’ensemble de la chaîne de l’habitat qui est grippé. L’article porte sur le sud des Landes. Le matériau dont nous disposons ne détaille ni les chiffres ni les acteurs interrogés, et nous ne les inventerons pas. Mais le diagnostic, tel qu’il est posé, mérite qu’on s’y arrête, parce qu’il est d’une justesse inconfortable.

Ce que cela change pour la France est simple à énoncer. Un territoire où l’on ne peut plus se loger est un territoire qui ne retient plus personne. Le jeune actif qui ne trouve pas de toit renonce à l’emploi, l’artisan ne peut pas embaucher un apprenti venu de loin, la famille repousse un projet. Le logement est la condition de tout le reste : le travail, la natalité, l’ancrage local. Qu’il se grippe dans les Landes, et c’est une pièce de la mécanique nationale qui chauffe.

L’image de la chaîne est précieuse, car elle dit l’essentiel. Entre le terrain et la clé remise à l’occupant, il y a des maillons : le foncier, l’autorisation de construire, le financement, le chantier, la mise en location. Il suffit qu’un seul cède ou se bloque pour que l’ensemble s’immobilise. Parler de chaîne grippée, c’est reconnaître qu’aucune mesure isolée ne rendra le mouvement.

Or la tentation française est toujours la même : traiter le problème maillon par maillon, par un dispositif de plus. Une aide ici, un guichet là, une prime ailleurs. On soutient la demande sans toujours libérer l’offre, et l’on s’étonne que le prix, le délai ou la rareté ne cèdent pas. Quand une chaîne est grippée, on ne la décore pas, on la nettoie et on la huile là où elle frotte.

Cela suppose de faire confiance à ceux qui connaissent le terrain. Le maire sait où l’on peut bâtir, quelles parcelles dorment, quels besoins pressent. Il connaît aussi le prix d’un dossier qui traîne. Un État qui lui laisserait plus de liberté, en échange d’objectifs clairs et d’une évaluation honnête, ferait plus pour le logement que dix plans nationaux annoncés avec fanfare.

Il faut aussi rassurer ceux qui logent les autres. Le propriétaire qui met un bien en location prend un risque qu’il doit pouvoir mesurer, et la règle du jeu ne doit pas changer à chaque saison. L’épargnant qui investit dans la pierre rend un service que l’on gagnerait à reconnaître au lieu de le soupçonner. Sans stabilité des règles, l’offre se tarit, et c’est le locataire honnête qui en paie le prix.

La France a déjà su bâtir vite quand elle l’a voulu. La Reconstruction n’a pas attendu que chaque procédure soit parfaite pour remettre des familles à l’abri. Elle avait un cap, des bras et une volonté d’aboutir. Cette énergie manque moins aujourd’hui que la permission de l’employer.

Disons enfin la limite de cette chronique : l’article de Sud Ouest invite à lire de près ce que disent les acteurs locaux, et nous renvoyons le lecteur à la source plutôt que de broder des chiffres que nous n’avons pas. Le message, lui, est clair. Il faut simplifier, décentraliser, sécuriser et juger sur les logements livrés, non sur les dispositifs annoncés. C’est à ce prix que la chaîne cessera de grincer.

La France n’a pas besoin d’un énième grand plan pour le logement. Elle a besoin qu’on desserre, un à un, les maillons qui bloquent, en commençant par ceux que les élus et les professionnels des territoires désignent eux-mêmes.

Chronique rédigée et illustrée avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées, sous la responsabilité de M.L..