Ordre public : de Bagnolet à Marseille, l’État gère l’urgence d’un samedi

Ce samedi 31 octobre, un dispositif de sécurité exceptionnel a été déployé à la Porte de Bagnolet, à Paris, où le tracé d'une manifestation a été confirmé. Dans le Cher, les rassemblements sont interdits pour Halloween, et à Marseille, faute de manifestation déclarée, la police se prépare à d'éventuels cortèges sauvages. Ces mesures mobilisent des forces de l'ordre rares et un argent public que le contribuable finance.

Par · Chronique ·
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Photo : LVER / Pixabay

Ce samedi 31 octobre, l’ordre public a occupé la France entière. À Paris, le tracé d’une manifestation a été confirmé et un dispositif de sécurité présenté comme exceptionnel a été installé à la Porte de Bagnolet. Dans le Cher, les rassemblements ont été interdits et la sécurité renforcée à l’occasion d’Halloween. À Marseille, aucune manifestation n’était déclarée, mais un dispositif a été prévu au cas où des cortèges sauvages surgiraient.

Pour les Français, l’enjeu est concret. La sécurité d’un samedi est un service public rare, payé par l’impôt, et chaque équipe postée sur un boulevard manque ailleurs. Les dépêches ne donnent ni effectifs ni coût, et nous ne les inventerons pas. Elles disent assez que l’État a jugé nécessaire de se mettre en ordre de bataille de la capitale au Berry en passant par la Provence.

Il faut aussi dire ce que les sources ne disent pas. Les titres dont nous disposons n’indiquent ni le motif de la manifestation parisienne, ni le nombre de participants attendus, ni le moindre lien avec les mesures prises dans le Cher ou à Marseille. Bâtir une thèse sur ce que l’on ignore serait léger. Restent les décisions, qui se jugent sur pièces.

Manifester est une liberté, et nous la défendons sans réserve. Mais en France elle s’exerce dans un cadre : une déclaration préalable, un itinéraire connu, des forces publiques qui protègent le cortège autant que les riverains. Un tracé confirmé relève de cette logique. C’est le contrat républicain ordinaire : l’organisateur dit où il va, l’État garantit que chacun puisse passer, y compris celui qui ne manifeste pas.

Marseille offre le cas inverse, et il est instructif. Rien n’est déclaré, et pourtant la police se prépare à l’imprévu. Le cortège sauvage est la négation du contrat, puisqu’il impose à la collectivité le coût de l’improvisation sans aucune garantie en retour. Prévoir un dispositif contre une manifestation qui n’existe pas encore est prudent. C’est aussi payer d’avance une incertitude, et l’on voudrait savoir à combien elle s’élève.

Dans le Cher, l’interdiction des rassemblements pour Halloween rappelle que le maintien de l’ordre n’est pas l’affaire des seules métropoles. Un département rural n’a ni les effectifs ni les réserves de Paris. L’interdiction y devient l’outil du pauvre : elle économise des patrouilles en décourageant les attroupements. Elle ne vaut pourtant que si elle est suivie de contrôles, car une interdiction sans effet abîme l’autorité de celui qui la prononce.

Un dispositif exceptionnel est, par nature, l’aveu d’un risque que l’on ne tient pas à effectifs ordinaires. Il rassure un jour, il ne remplace pas la présence quotidienne. Gouverner, c’est prévoir, disait-on, et la prévision se mesure aux semaines sans incident bien plus qu’aux samedis sous surveillance.

La France devrait donc s’en tenir à trois principes. Une doctrine claire d’abord : toute manifestation déclarée est protégée, tout attroupement illicite est dispersé et ses organisateurs répondent devant la justice. Un bilan public ensuite, avec les moyens engagés, leur coût et leurs résultats, parce que le contribuable a le droit de savoir ce que lui coûte l’ordre. Une présence de terrain enfin, assez régulière pour que l’exceptionnel le reste.

Chronique rédigée et illustrée avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées, sous la responsabilité de T.R..