Grève du 5 novembre : les métallos disent vrai sur l’énergie, moins sur la méthode

Le jeudi 5 novembre, la CFDT, la CGT, FO, l'Unsa et la FSU appellent à la grève et à manifester pour les salaires, l'emploi et l'industrie. FO Métaux y ajoute l'énergie compétitive et des aides publiques conditionnées à l'emploi. La journée touchera aussi les transports et la logistique, avec des effets directs sur la production et sur les budgets des ménages.

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Photo : 19661338 / Pixabay

Le 5 octobre, l’intersyndicale a appelé les salariés du privé et du public, ainsi que les retraités et les jeunes, à une journée de grève et de manifestation le jeudi 5 novembre. Elle prolonge la mobilisation de la fonction publique du 29 septembre, qui avait réuni plus de 300 000 manifestants. Dans la métallurgie, FO Métaux demande la hausse générale des salaires, la revalorisation des minima conventionnels, la défense des emplois et des sites, des aides publiques conditionnées à l’emploi, une énergie compétitive et une industrie souveraine.

Pour la France, l’enjeu dépasse le folklore des cortèges. La fédération FO des transports appelle à la grève dans le transport routier de marchandises, la RATP, la logistique, les déchets, les taxis et les VTC. Une journée d’arrêt dans ces secteurs désorganise les chaînes d’approvisionnement des usines, retarde les livraisons et coûte du chiffre d’affaires à des entreprises qui n’ont pas de marge à perdre. Les syndicats eux-mêmes décrivent un pays au bord de la récession. Le diagnostic est partagé, le remède l’est moins.

Commençons par ce que les métallos disent de juste. FO souligne que le coût des carburants et de l’énergie pèse sur chaque fiche de paie et que, pour beaucoup de salariés de l’industrie, la voiture est une nécessité. Elle réclame une énergie compétitive. La maison n’a jamais dit autre chose : une usine qui paie son électricité plus cher que sa concurrente d’outre-Rhin ou d’outre-Atlantique n’investit pas, et un emploi qui part ne revient pas. Sur ce point, le patronat et les syndicats de l’industrie plaident la même cause, et le gouvernement ferait bien de les écouter ensemble.

Les aides publiques conditionnées à l’emploi méritent le même examen sans préjugé. Le principe est sain : l’argent du contribuable ne se verse pas sans contrepartie. Mais la CGT, qui parle de licenciements boursiers, ne chiffre pas les aides qu’elle dénonce. La condition doit être simple, mesurable, limitée dans le temps et contrôlée sans armée de fonctionnaires. Sinon on ajoute une couche de bureaucratie à un système qui en compte déjà trop, et l’on décourage ceux qui veulent s’installer en France.

Sur les salaires, la méthode compte autant que l’objectif. L’intersyndicale demande l’ouverture immédiate de négociations salariales dans toutes les entreprises et toutes les branches. Négocier est légitime et même souhaitable là où les marges le permettent. Mais une hausse générale ne se décrète pas. Elle se finance par la productivité, les carnets de commandes et la capacité d’investir. Pour une PME sous-traitante dont le donneur d’ordres presse les prix, la hausse générale ressemble à une facture sans recette.

Reste le budget. Les syndicats dénoncent un projet 2027 qui gèle les prestations sociales et le salaire des fonctionnaires, tout en réclamant plus de pensions, un point d’indice relevé, plus de moyens pour les services publics et une planification industrielle et environnementale. On connaît la planification à la française, qui a eu ses grandes heures sous le Général. Elle reposait alors sur un pays qui produisait et dont la dette ne dévorait pas la moitié des ambitions. Additionner toutes ces dépenses sans dire qui paie, c’est promettre ce qu’on ne peut pas financer.

FO a raison de refuser que la transition écologique serve de prétexte d’une nouvelle vague de désindustrialisation. L’Europe qui empile les normes sans protéger ses capacités de production se prépare des fermetures d’usines et des importations plus chères. C’est un sujet de souveraineté, pas de posture.

Que doit faire la France ? Fixer un prix de l’énergie qui permette de produire ici. Conditionner les aides publiques à des engagements d’emploi clairs, sans formulaires à rallonge. Pousser les négociations salariales branche par branche, là où l’on sait ce que l’on peut payer. Et tenir ses comptes, car aucun salaire ne protège longtemps d’un État qui s’endette pour acheter la paix sociale. La colère des métallos mérite une réponse. Cette réponse passe par l’atelier, pas par le décret.

Chronique rédigée et illustrée avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées, sous la responsabilité de A.D..