Clermont-Ferrand : l’impasse, l’immeuble, trois morts et une question de prévention

Un incendie a ravagé un immeuble du centre-ville de Clermont-Ferrand dans la nuit du 29 au 30 octobre. Trois corps ont été découverts dans les décombres et un quatrième résident reste introuvable. Le drame touche un type de bâti répandu dans les centres anciens des villes françaises, et pose la question des contrôles, des accès pour les secours et des moyens publics.

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Photo : Lens_and_Light / Pixabay

Dans la nuit du jeudi 29 au vendredi 30 octobre, un incendie a ravagé un immeuble du centre de Clermont-Ferrand, impasse Perrier, près de la place de la Victoire. Le feu s’est déclaré vers 3 heures dans un bâtiment d’habitation de cinq étages, mitoyen d’autres immeubles. La toiture et la cage d’escalier ont été détruites, et plusieurs étages se sont effondrés sur eux-mêmes. Trois corps ont été découverts entre 19h30 vendredi et 1 heure samedi, grâce à une équipe cynotechnique. Une quatrième personne, résidente de l’immeuble, reste introuvable. Une trentaine de pompiers étaient encore mobilisés samedi matin.

Sur le plan judiciaire, le parquet évoque une origine criminelle possible de l’incendie. Un homme de 21 ans, interpellé vendredi matin, a été placé en garde à vue. Il est mis en cause à ce stade, rien de plus, et il bénéficie de la présomption d’innocence. Cette chronique ne le juge pas. Les comptes rendus divergent d’ailleurs sur le moment exact des découvertes, vendredi ou dans la nuit suivante, ce qui ne change rien à la gravité du bilan. Le maire a écrit que la ville est en deuil, et chacun comprendra pourquoi.

Ce drame concerne bien au-delà du Puy-de-Dôme. Il se joue dans le décor de tous nos centres anciens : des immeubles serrés les uns contre les autres, des escaliers qui sont l’unique voie d’évacuation, des ruelles où un engin de secours manœuvre mal. L’impasse était étroite et rendait l’accès difficile pour les véhicules de secours. Le feu a brûlé une journée entière. Voilà ce que les Français retiendront : la géométrie de nos vieilles villes ne se prête pas à l’improvisation.

Que sait-on des conditions de sécurité de cet immeuble ? Rien, pour l’instant, et il serait indécent de conclure avant l’enquête. La question de principe, elle, peut être posée sans attendre. L’État édicte des normes de sécurité incendie avec une constance admirable. Les fait-il appliquer avec la même constance dans le bâti ancien, souvent divisé, parfois vieillissant ? Une norme que personne ne vérifie rassure le législateur et ne protège personne.

Il y a ensuite les moyens. Les sapeurs-pompiers du Puy-de-Dôme ont fait ce qu’on attend d’eux, avec un courage que l’on salue sans réserve. Mais l’héroïsme ne remplace ni le matériel adapté aux rues étroites, ni les effectifs, ni la cartographie préalable des secteurs difficiles d’accès. L’État sait multiplier les obligations et les circulaires. Il est plus discret quand il s’agit de s’assurer que les services de terrain disposent de ce qu’il faut, au bon endroit, avant le drame et non après.

Si l’origine criminelle se confirme, l’incendie volontaire d’un immeuble habité compte parmi les actes les plus graves que connaisse le code pénal. La société attend alors une enquête rigoureuse et une réponse pénale rapide, sans précipitation ni lenteur. Les familles, elles, attendent d’abord qu’on identifie leurs proches avec respect, qu’on les informe sans les laisser à l’incertitude, et qu’on s’occupe des habitants sinistrés, relogés, privés de tout du jour au lendemain. L’aide aux victimes ne devrait jamais dépendre de la bonne volonté d’une mairie.

Que doit faire la France ? Recenser, ville par ville, les immeubles anciens à accès difficile pour les secours. Contrôler réellement les règles de sécurité incendie là où le risque est le plus élevé, avec des sanctions quand elles ne sont pas respectées. Doter les services d’incendie des équipements que ces rues réclament. Enfin, juger vite et bien quand la main de l’homme est en cause. La prévention coûte moins cher que le deuil, et elle seule honore les morts de l’impasse Perrier.

Chronique rédigée et illustrée avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées, sous la responsabilité de M.L..