Samedi 31 octobre : 70 000 policiers pour que la rue reste à ceux qui manifestent
Le ministre de l'Intérieur a annoncé le déploiement de 70 000 policiers et gendarmes pour la troisième journée de mobilisation contre la vie chère, qui tombe un soir d'Halloween. Le 17 octobre, l'Intérieur avait compté 1 522 commerces touchés. Pour les centres-villes et leurs commerçants, l'enjeu est économique autant que sécuritaire.

Ce samedi 31 octobre, la France vivra son troisième samedi de mobilisation contre la vie chère, et la date coïncide avec Halloween. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé jeudi le déploiement de 70 000 policiers et gendarmes, soit le même volume que le 24 octobre. La BRI, le Raid et le GIGN seront engagés, de même que tous les drones et hélicoptères disponibles et les 26 blindés Centaure. Les congés ont été rappelés et les repos supprimés. Les manifestations ne seront autorisées qu’en périphérie, les centres-villes leur étant fermés.
Pour la France, l’enjeu dépasse le maintien de l’ordre : il touche la vie économique des centres-villes. Le 17 octobre, selon le ministère de l’Intérieur, 1 522 commerces ont été touchés. À Lyon, près de 200 magasins ont été pillés ce jour-là. À Marseille, 300 boutiques du centre ont été dégradées ou pillées lors des journées des 17 et 24 octobre, et presque tous les commerçants constatent une baisse de chiffre d’affaires. Une vitrine barricadée ne vend rien, et une rue que les clients évitent ne vend pas davantage.
Il faut distinguer, car toute l’affaire tient dans cette distinction. Manifester contre la vie chère est une liberté, et les revendications sur le pouvoir d’achat, les salaires et les services publics se discutent. Le 24 octobre, le ministère a compté 410 000 manifestants et la CGT 800 000. L’écart dit la bataille des chiffres, mais la journée s’est déroulée pour l’essentiel dans le calme. Le danger vient d’ailleurs. La porte-parole de la police nationale désigne comme principale menace la mobilisation de casseurs et de pilleurs à la tombée de la nuit, rameutés par des appels sur les réseaux sociaux à la violence contre les biens, les personnes et les policiers.
Les chiffres de l’Intérieur donnent raison à la fermeté. Le 17 octobre, 1 144 membres des forces de l’ordre avaient été blessés et l’hôtel de ville de Limoges avait brûlé. Le 24, ils furent 53, et 24 commerces seulement furent pillés, pour 1 314 interpellations. Interdictions en centre-ville, parcours repoussés à la périphérie, contrôles en amont, saisies d’objets dangereux : la méthode n’a rien de mystérieux. Une réserve s’impose pourtant. Une analyse reprenant les propos du ministre évoque environ 300 commerces pillés le 17, quand l’Intérieur en dénombre 1 522 touchés. Les deux décomptes ne mesurent pas la même chose, et le débat public gagnerait à en préciser la définition.
Cette fermeté a un prix. Soixante-dix mille hommes sur le pavé, des repos supprimés, des congés rappelés : on ne tient pas une année ainsi. Chaque agent posté devant un bâtiment public ne patrouille pas ailleurs. Le dispositif exceptionnel est un expédient, pas une doctrine. Il rappelle surtout qu’au 17 octobre l’État a été pris de court, et que la prévoyance coûte toujours moins cher que la réparation.
Les commerçants, eux, n’ont pas de congés à rappeler. Un gérant marseillais de prêt-à-porter chiffre son manque à gagner à 4 000 euros, alors même que sa boutique a échappé aux pillages. Dans l’Hérault et le Var, les préfectures ajoutent couvre-feu pour les mineurs et interdictions de rassemblement dans les centres. Ces mesures protègent, mais elles installent une économie de l’état de siège, avec des planches aux vitrines, des rideaux baissés et des clients rares.
Reste la cause. La vie chère est une réalité qu’aucun communiqué ministériel ne dissipera. On n’y répond ni par la dette, ni par un chèque de plus sans contrepartie, ni par la casse. Piller une boutique ne fait baisser aucun prix. Elle renchérit l’assurance et les protections, et finit par faire disparaître le commerce de proximité que l’on dit défendre. Seuls le travail mieux rémunéré, des charges allégées et une production nationale plus compétitive font reculer durablement le coût de la vie.
La France doit donc faire trois choses. Tenir la ligne : interdire la casse, juger vite les auteurs identifiés, dans le respect de la présomption d’innocence. Indemniser sans délai les commerçants sinistrés, qui n’ont pas à porter seuls le coût d’une défaillance de l’ordre public. Ouvrir enfin le chantier du pouvoir d’achat par le travail et la baisse de ce qui renchérit la production. L’ordre est la première des libertés populaires, et le cortège qui défile en paix en est le premier bénéficiaire.
franceinfo, 29 et 30 octobre 2026 ; France 3 Régions, 30 octobre 2026 ; CNews, 29 octobre 2026 ; Parlons Politique, octobre 2026 ; Headtopics (reprise du communiqué du ministère de l'Intérieur), 25 octobre 2026
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- Les commerçants marseillais paient le prix des manifestations (France 3 Régions)
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Chronique rédigée et illustrée avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées, sous la responsabilité de A.D..