Visé vend son ancienne école : un mur vide coûte, la vente doit financer les classes

La commune belge de Visé, en province de Liège, a décidé de mettre en vente huit biens communaux, dont l'ancienne école de Lanaye. Elle espère dégager près de 2,5 millions d'euros de recettes potentielles pour financer de nouveaux projets et des rénovations énergétiques. Pour une commune française qui se retrouve avec des bâtiments scolaires inoccupés, la question posée est exactement la même.

Par · Chronique ·
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Photo : stux / Pixabay

Mardi soir, en séance du conseil, les élus de Visé ont décidé de mettre en vente huit biens communaux. La liste ne se limite pas aux bâtiments : elle comprend l’ancienne école de Lanaye, fermée à la fin de l’année scolaire 2025, un immeuble occupé par l’ONE rue Sabaré à Cheratte, deux terrains situés rues Spinard et de Loën, et l’ancien terrain de football de Lixhe. La majorité espère dégager près de 2,5 millions d’euros de recettes potentielles, destinées à de nouveaux projets et à des travaux de rénovation énergétique, tout en allégeant les frais d’entretien.

Pour un lecteur français, l’affaire n’a rien d’exotique. Une commune qui ferme une école rurale se retrouve avec un bâtiment sur les bras, qu’il faut chauffer, couvrir et mettre aux normes même lorsqu’il n’accueille plus personne. Un bâtiment vide ne disparaît pas de la comptabilité : il continue de réclamer de l’argent, et cet argent ne va ni aux enseignants ni aux salles de classe encore ouvertes.

La majorité de Visé avance un raisonnement qui mérite d’être pris au sérieux. Selon elle, les biens concernés sont inoccupés, trop peu occupés ou improductifs, et les budgets communaux ne sont pas extensibles, alors que ces bâtiments exigent des investissements réguliers pour rester conformes. Gérer un patrimoine ne consiste pas à le regarder dépérir. Vendre un actif dormant relève de la bonne gestion, à condition que le produit soit affecté et que les comptes le démontrent.

Tout n’est pas consensuel pour autant. Ce qui a le plus retenu l’attention de l’opposition, selon L’Avenir, c’est la cession de l’ancien site de football de Lixhe, décrit comme abandonné, où une maison unifamiliale pourrait être construite. Le débat porte moins sur le principe de la vente que sur l’usage futur du foncier : une parcelle qui passe d’équipement public à projet résidentiel change de nature, et les habitants ont le droit de savoir qui bâtit quoi, et à quel prix.

Le cas de Lanaye impose une distinction que les élus français oublient parfois. Fermer une classe parce que les effectifs ont fondu relève d’un choix démographique et pédagogique ; vendre le bâtiment qui l’abritait relève d’un choix patrimonial. Les deux doivent être justifiés séparément. La République a fait de l’école communale un symbole : la loi Guizot de 1833 imposait déjà aux communes de disposer d’une école, et les lois de Jules Ferry ont fait de l’école gratuite, laïque et obligatoire un pilier de la nation. Vendre une école n’est pas une faute en soi, mais c’est un signal qu’il faut assumer devant les familles.

Ce que la France devrait retenir tient en quelques règles simples. Chaque commune devrait tenir un inventaire public de ses bâtiments scolaires vacants, avec leur coût d’entretien annuel. Elle devrait démontrer qu’aucun usage éducatif, associatif ou social n’est possible avant de vendre. Et le produit de cession devrait être fléché, par écrit, vers la rénovation des écoles encore en activité. Une école fermée doit financer une école ouverte, sinon la cession ne sert qu’à boucher un trou de trésorerie.

Chronique rédigée et illustrée avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées, sous la responsabilité de A.D..