Aide sociale à l’enfance : un beau parcours ne tient pas lieu de politique publique

Le Parisien retrace le parcours de Christan, ancien enfant placé dans l'Essonne, dont le chemin mène jusqu'à l'Assemblée nationale. Le sujet concerne la France parce que la protection de l'enfance relève des départements, et que plus de 220 000 jeunes dépendent de l'aide sociale à l'enfance financée par les budgets locaux.

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Photo : 12019 / Pixabay

Le Parisien publie ce lundi 2 novembre le portrait de Christan, ancien enfant placé dans l’Essonne, dont le parcours mène jusqu’à l’Assemblée nationale. Je n’ai eu accès qu’au titre et au résumé de la dépêche : ni sa fonction exacte, ni son mandat, ni son groupe politique n’y figurent dans ce que j’ai pu consulter, et je ne les déduirai pas. Son histoire personnelle lui appartient. Le sujet public, lui, est ailleurs : que devient la protection de l’enfance quand un jeune quitte le dispositif qui l’a accueilli ?

Pour la France, la question se pose d’abord dans les départements. Selon Public Sénat, ce sont les départements qui portent la charge de la protection de l’enfance, et plus de 220 000 jeunes sont confiés à l’aide sociale à l’enfance, sur décision de la justice. Chaque euro engagé pèse sur les budgets locaux, donc sur les impôts levés dans nos communes, et sur l’avenir de jeunes qui atteignent leur majorité sans toujours disposer d’un appui stable.

Un parcours qui mène de la rue à l’hémicycle force le respect, et il dit beaucoup de la capacité de chacun à se reconstruire. Il ne dit rien, en revanche, de la qualité d’un système. Une réussite individuelle ne prouve ni que le dispositif fonctionne, ni qu’il échoue. Les cas d’exception servent pourtant trop souvent d’alibi aux administrations qui refusent de publier leurs résultats. Le mérite d’un homme ne dispense jamais de mesurer ce qui arrive aux autres.

Le débat parlementaire sur les jeunes majeurs le montre bien. Une proposition de loi, approuvée en première lecture à l’Assemblée, voulait renforcer l’accompagnement vers l’autonomie des jeunes sortant de l’aide sociale à l’enfance. Le critère retenu pour bénéficier du dispositif, dix-huit mois de prise en charge cumulés dans les vingt-quatre mois précédant la majorité, a fait bondir les élus de gauche. La définition de l’éligibilité devient ainsi le cœur du débat, bien plus que l’intention affichée.

Le vrai débat porte donc sur les méthodes. Combien de jeunes sortent de l’aide sociale à l’enfance sans emploi ni logement ? Quels départements tiennent leurs engagements d’accompagnement ? Les sources que j’ai pu consulter ne fournissent pas ces chiffres avec précision, et c’est précisément le problème : on pilote une politique à l’émotion d’un portrait plutôt qu’à des tableaux de bord vérifiables.

La France devrait commencer par publier, département par département, la part des jeunes confiés à l’ASE qui atteignent leur majorité avec un logement, une formation ou un emploi. Ensuite, lier une partie des financements à ces résultats plutôt qu’au seul nombre de places ouvertes. Le contrat destiné aux jeunes majeurs doit être un droit clair, défini par des critères compréhensibles et évalué chaque année, pas un guichet. La Nouvelle Gazette défend la même exigence que pour l’école : on juge l’argent public à ce qu’il produit, et l’exception ne doit jamais servir de bilan.

Le Parisien, 2 novembre 2026 ; Public Sénat (articles sur les enfants placés et l'aide sociale à l'enfance, date non précisée dans le matériau)

Chronique rédigée et illustrée avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées, sous la responsabilité de A.B.R..